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Conditions:

Courant octobre 2007, sur un mâle Agkistrodon contortrix laticinctus, une bosse apparaît entre les écailles préfrontales et l'écaille frontale. Cette "bosse" fait environ 3-4mm de long, sur une hauteur d'environ 1 ou deux millimètres. Dès qu'elle a été décelée, le serpent en question a été transvasé dans une boîte en plastique, maintenue à 27c et ne contenant que du papier absorpant et un bol d'eau suffisamment grand.
Ce mâle, en notre possession depuis 2006, n'a jamais posé de problèmes quelconques, il a toujours mangé correctement, n'a jamais fait preuve d'une activité soit insuffisante, soit trop élevée. Nourri toujours au moyens de proies mortes, il n'a jamais été relevé qu'il ait été blessé à ce niveau de la gueule. Les conditions cadres de maintenance ont toujours été de 26-30c la journée pour une température de 24-26c la nuit. Il était maintenu avec une femelle du même âge dans un terrarium aux dimensions requises pour l'espèce.

Visite chez le vétérinaire...

Le lundi 16 octobre 2007, après en avoir discuté avec Neil, nous décidons d'amener l'animal dans une clinique vétérinaire afin de faire ausculter l'animal. Nous avons opté pour la clinique vétérinaire des Tuileries, sur le canton de Genève, où Lucas avait eu l'occasion d'aborder le sujet des reptiles venimeux avec l'un des vétérinaire qui s'était montré très intéressé par ce genre d'interventions.

Sur place, l'animal était dans une caisse en plastique transparent permettant de l'observer sans le manipuler. Nous l'avons sorti de la caisse, afin de photographier ladite bosse. Après discussion avec le vétérinaire, il semblerait que ce soit un abcès, ce que nous pensions déjà avec Neil.
Verdict: Opération le 22 octobre 2007 à 1500.

L'opération:

Arrivés à 15H10 sur place, nous passons directement dans la salle d'opération avec le Dr. ÜBERSAX. Nous nous sommes décidés, après une rapide discussion, à endormir complètement le serpent au moyen de gaz. Ainsi il y a moins de risques de mort qui peuvent survenir dans le cas d'anésthésie par intraveineuse. Inconvénient: le serpent qui n'est pas constamment sous l'effet du gaz peut se réveiller. Nous le mettons dans la boîte en plastique, et le temps nécéssaire à l'anésthésie nous permet de préparer la suite.

La boîte en plastique directement reliée à l'arrivée des gaz pour endormir le serpent dans un premier temps. Dans un second temps il a s'agi de mettre le serpent sur la table d'opération de le fixer au moyen de ruban adhésif (doublé de ruban médical pour éviter des lésions sur la peau) et de le maintenir ainsi sur la table. Pendant ce temps, sa tête a été mise à proximité d'un tube afin de le maintenir sous l'effet des gaz anésthésiants.

Le serpent est maintenu au moyen de a bande adhésive, et par mesure de précaution également par le soigneur pendant toute la durée de l'opération.

Pendant que la tête est maintenue, le vétérinaire commence à ouvrir au moyen d'un scalpel entre les deux écailles préfrontales.

détail de l'ouverture. Une pince est utilisée pour faciliter la pénétration du scalpel entre les deux écailles.

Une fois l'ouverture faite en un point, un petit ciseau est pris afin d'ouvrir entre les deux écailles et créer de la sorte un espace suffisant pour pouvoir extraire le contenu de la "bosse".

La "bosse" est retirée, de prime abord, il ne s'agit pas d'un abcès, mais d'une formation de cellules de type cancéreuse (tumeur) on la voit extraite de la plaie. Il est à noter qu'à ce stade, étant donné que le vétérinaire devait extraire légèrement la tête de l'animal pour opérer, le serpent avait tendance à se réveiller. Il est bien sûr de la responsabilité de l'éleveur de déceler le réveil de l'animal afin de pouvoir prévenir et se reconcentrer sur l'anésthésie en remettant la tête du serpent dans le tube où les deux gaz anésthésiants arrivent.

Le sang est aspiré de la plaie au moyen d'un petit aspirateur. A relever le fond de l'incision qui est propre et ne présente pas d'infection de prime abord.

Une fois l'extraction terminée, on peut clairement voir la différence avec la première photographie et ainsi voir la place que prenait cet amas de cellules.

De l'eau oxygénée est appliquée sur la plaie afin de désinfecter celle-ci. Cette solution a pour principe de détruire tout développement bactérien. Le principe est simple, tant qu'il y a formation de mousse, c'est que le traitement doit être continué.

Une fois l'opération terminée, le serpent aura eu besoin d'environ 15 minutes afin de se réveiller complètement. Durant tout ce temps il aura été observé afin de s'assurer de la respiration continue et qu'il n'y ait aucun autre problème.
Aucune suture n'a été faite sur l'animal, celui-ci restant dans un milieu propre pendant le reste de la convalescence. Si nécéssaire, un steristrip aurait été apposé.

Le corps étranger a été coupé en deux afin de réaliser deux analyses: 1) cytologique, afin de déterminer la nature de ce corps étranger; 2) bactériologique, afin de déterminer s'il a une origine bactérienne, et envisager la nécéssité d'un traitement antibiotique.

Conclusion:

L'opération terminée, il y a besoin d'environ une semaine afin d'avoir le résultat des examens. Durant ce temps, la plaie est nettoyée journalièrement au moyen de l'eau oxygénée et la caisse maintenue dans un état de propreté irréprochable (changement de papier absorbant journalier, tout comme l'eau).

L'équipe VUIVRA tient à remercier le Dr. ÜBERSAX et tout le staff de la clinique vétérinaire des Tuileries pour leur accueil et leur travail effectué.

Suivi de la convalescence:

Le serpent malade a été confiné dans une boîte de type tupperware aux dimensions adaptées, et chauffée en moyenne à 28c dès son retour dans l'élevage. Durant une semaine, de l'eau oxygenée a été appliquée à régime d'une fois le matin et le soir sur la plaie. Après une semaine, plus aucune mousse ne se formait sur la cicatrice, et il a été décidé de laisser la plaie telle quelle.

En date du 14 novembre 2007, le serpent a accepté une première proie (souris subadulte). Une semaine plus tard, le serpent avait digéré, fait ses excréments et par la même occasion mué. Aucun défaut de mue n'a été observé sur la partie opérée. Quelques jours plus tard il acceptait de reprendre une proie à nouveau.

Dès janvier, ce serpent rejoindra sa femelle dans un terrarium de reproduction. Aucun repos hivernal ne lui aura été fait vu l'opération subie. Notre volonté a été d'être sûr qu'il se rétablisse.