Nom commun: Vipère de la mort, Death adder, Todesotter
Taille: 50-90 cm
Distribution:
L’aire de répartition d’Acanthophis antarcticus se trouve
dans les parties « humides » des deux tiers méridionaux de l'Australie. Elle se
prolonge à l’intérieur en Australie orientale, avec quelques populations
passant à travers le Queensland. Elles se trouvent aussi sur quelques îles en
mer voisines. Elles ne se trouvent pas dans les parties les plus froides du
sud-est, y compris tous le Victoria, Tasmanie, et régions de montagne du
sud-est.
Morphologie:
Toutes les espèces sont
caractérisées par une large tête aplatie et triangulaire, un corps trapu et une
queue terminant en épine, d’où le nom « Acanthophis » qui signifie épine en
latin.
Adulte, les mâles sont habituellement plus petits que les
femelles. Elles mesurent entre 50cm et 80cm, et jusqu’à 90cm pour les plus
grandes.
La couleur est variable, elle varie selon le type de
substrat ou se trouve l’espèce. Elle s'étend du rouge au brun, gris à gris
verdâtre, jaune et noir habituellement avec des rayures irrégulières « en
zigzags », parfois foncé sur les bords. Le bout de la queue est souvent de
couleur crème, blanche ou noire. Les couleurs sont en générale plus foncée chez
les jeunes, elles se ternissent et s’éclaircisse avec l’âge.
Taxonomie:
La classification de ce
genre, "espèces et sous-espèce" pose beaucoup de problèmes. Car des
individus d'une même espèce et sous-espèce se trouvant dans une autre région
diffèrent beaucoup d'une population à l'autre sur le plan morphologique. Nous n'avons
malheureusement trouvé aucune publication sur la génétique de ce genre, qui
pourrait justifier clairement et sûrement cette classification et de la
nomenclature des espèces décrites récemment ou ultérieurement.
Cette liste semble assez hypothétique, compte tenu du
manque de données génétiques ou d’études valable concernant le genre Acanthophis.
Il y réside également le problème des vendeurs de serpents aux collectionneurs,
qui n’hésitent pas à se vanter de posséder de nouvelles espèces afin de monter
considérablement le prix d’un individu. Mais néanmoins cela nous permet de
situer les principales espèces et nous rendre compte à quel point les données
bougent encore sur ce genre.
Moeurs et habitats:
Les vipères de la mort (genre Acanthophis), sont trouvées
dans la plupart des parties de l'Australie, de la Nouvelle-Guinée et
des îles alentours. Peu communs pour des elapidae ils ont évolués de sorte à
ressembler autant à un viperidae par leur comportement que par leur morphologie.
Elles sont largement repandues dans leurs zones de
répartition et aucune espèce d’Acanthophis ne sont considérées comme en danger d'extiction pour le
moment. Elles sont très sensibles au dérangement et préfèrent les endroits calmes
à l’abri de toute perturbation humaine. Cette préferance pour la tranquillité évite les accidents de
morsures. Le venin, très puissant, est classé dans les plus dangereux de
la planète.
Elles sont principalement nocturnes et sont actives à des
températures oscillant entre 24°C
et 30°C.
Elles se servent souvent du leurre situé au bout de leurs
queues pour attirer les proies (caudal luring). En position de repos la tête est très souvent à
proximité de la queue, ceci pour être prêt à saisir une proie à n’importe quel
moment. Après avoir mordu, elle va maintenir sa proie dans la gueule jusqu’à ce
que celle-ci meure. Elles se nourrissent de petits mammifères, de lézards de
grenouilles et d’oiseaux.
A la différence des autres elapidae australiens qui
tendent à fuir en cas d’approche humaine, tapis sur le sol elle reste immobile et
compte sur son camouflage. Les morsures sont donc le plus souvent produites
lorsque quelqu’un marche dessus. Si elle est dérangée elle s’aplatira sur le
sol et n’hésitera pas à mordre si l’opportun n’a pas saisi le message assez
vite.
Venin:
Avant le développement d'un
antivenin spécifique pour Acanthophis, environ la moitié des morsures
enregistrées étaient mortels. Depuis en Australie il y a très peu de cas de
morsures mortelles. En Nouvelle-Guinée les personnes mordues décèdent
régulièrement, l'antivenin utilisé là bas est de type polyvalent et non
spécifique à l’espèce. Ceci pourrait expliquer les cas de
mortalité beaucoup plus nombreux qu’en Australie.
Le venin est principalement composé de neurotoxine post
synaptique (Toxine du venin provoquant faiblesse ou paralysie des muscles). Il
est environ 1.5 fois plus toxique que celui du cobra indien (Naja naja) et 20
fois moins que le Taïpan (Oxyuranus scutellatus). Les morsures
d'Acanthophis diffèrent de celles des autres elapidae australiens car elle
prend un long moment pour que l’effet du venin soit à son maximum. Le venin arrive habituellement aux symptômes maxima environ 24-48 heures après la
morsure. Les premiers signes de l'envenimation sont : paupières qui se ferment
(ptôsis, paralysie faciale), douleurs locales, nausées, paralysies et des difficultés d'élocution.
S’en suivent des difficultés respiratoires qui sont souvent la cause de la mort
dans le cas ou il n’y aurait pas eu administration d'un antivenin.
La dose létale pour Acanthophis antarcticus et de
0.25mg/Kg (par IV), 0.185 mg/kg (par IP) et 0.344mg/kg (par IM).
Cet antivenin est fait à partir du cheval (IgG). Chaque
ampoule contient 6000 unités de capacité neutralisante contre le venin ciblé.
Le volume moyen par ampoule est 25-26mL. Le venin qui est utilisé pour ce sérum
est prélevé sur des spécimens d'Acanthophis antarcticus. Les autres espèces
couvertes par ce sérum sont A.pyrrhus A.prealongus et A.wellsii (les 4 espèces
australiennes).
L’inversion des symptômes par la prise d’antivenin est
rapide et efficace, car le venin est composé de toxines simples contrairement
au venin des serpents tigres (Notechis...), ou Taïpan (Oxyuranus...) qui sont
composé de multi-toxines.
Comme avec la plupart des antivenins, l'antivenin
d'Acanthophis CSL devrait seulement être utilisé s'il y a d'évidence claire
d'envenimation. Il devra être donné en intraveineuse, goutte à goutte. Si
possible il devra être dilué à 1/10, avec une solution isotonique. Généralement
chaque ampoule/dose devrait durer 15-30 minutes. Avant le début de la thérapie,
il est impératif de s'assurer que tout est prêt pour traiter des anaphylaxies, en cas de nécéssité.
L’indication pour débuter le traitement antivenin est
relativement simple. Au premier signe de paralysie (habituellement ptôsis),
l'antivenin doit être administré. Une seule ampoule est souvent suffisante. Si la
paralysie progresse en dépit de la dose initiale, donner une deuxième ampoule.
Puisque les neurotoxines dans ce venin sont post-synaptiques, les traitements
symptomatiques pour la paralysie peuvent également être efficaces si
l'antivenin n'est pas facilement disponible. Spécifiquement, les
anticholinstérases (par exemple néostigmine) peuvent retarder ou même renverser
le développement de la paralysie en préparant plus d'acétylcholine disponible
comme émetteur à la jonction neuromusculaire, permettant au blocus post
synaptique d'être surmonté. S'il y a une chute soudaine dans la tension
artérielle ou bronchospasmes après avoir commencé l'injection d'antivenin, Il
faut alors arrêter temporairement l'antivenin et donner l'adrénaline, par la pompe
d'infusion ou par l'injection sous-cutanée. Une fois que la réaction impropice
de l'antivenin est ainsi contrôlée, recommencer avec précaution l'injection de
celui-ci.