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Acanthophis sp


Nom commun:
Vipère de la mort, Death adder, Todesotter

Taille: 50-90 cm

Distribution:

L’aire de répartition d’Acanthophis antarcticus se trouve dans les parties « humides » des deux tiers méridionaux de l'Australie. Elle se prolonge à l’intérieur en Australie orientale, avec quelques populations passant à travers le Queensland. Elles se trouvent aussi sur quelques îles en mer voisines. Elles ne se trouvent pas dans les parties les plus froides du sud-est, y compris tous le Victoria, Tasmanie, et régions de montagne du sud-est.


Morphologie:

Toutes les espèces sont caractérisées par une large tête aplatie et triangulaire, un corps trapu et une queue terminant en épine, d’où le nom « Acanthophis » qui signifie épine en latin.
Adulte, les mâles sont habituellement plus petits que les femelles. Elles mesurent entre 50cm et 80cm, et jusqu’à 90cm pour les plus grandes.
La couleur est variable, elle varie selon le type de substrat ou se trouve l’espèce. Elle s'étend du rouge au brun, gris à gris verdâtre, jaune et noir habituellement avec des rayures irrégulières « en zigzags », parfois foncé sur les bords. Le bout de la queue est souvent de couleur crème, blanche ou noire. Les couleurs sont en générale plus foncée chez les jeunes, elles se ternissent et s’éclaircisse avec l’âge.

Taxonomie:

La classification de ce genre, "espèces et sous-espèce" pose beaucoup de problèmes. Car des individus d'une même espèce et sous-espèce se trouvant dans une autre région diffèrent beaucoup d'une population à l'autre sur le plan morphologique. Nous n'avons malheureusement trouvé aucune publication sur la génétique de ce genre, qui pourrait justifier clairement et sûrement cette classification et de la nomenclature des espèces décrites récemment ou ultérieurement.

Espèces et sous-espèces :

1 Acanthophis antarcticus antarcticus (Shaw and Nodder, 1802)
2 Acanthophis antarcticus schistos (Wells and Wellington, 1985)
3 Acanthophis antarcticus cliffrosswellingtoni (subsp nov)
4 Acanthophis barnetti (Hoser, 1998)
5 Acanthophis crotalusei (Hoser, 1998)
6 Acanthophis cummingi (Hoser, 1998)
7 Acanthophis groenveldi (sp. nov.)
8 Acanthophis hawkei (Wells and Wellington 1985)
9 Acanthophis laevis (Macleay, 1877)
10 Acanthophis lancasteri lancasteri (Wells and Wellington 1985
11 Acanthophis lancasteri bottomi (Hoser, 1998)
12 Acanthophis macgregori (sp. nov)
13 Acanthophis praelongus (Ramsay, 1877)
14 Acanthophis pyrrhus (Boulenger, 1898)
15 Acanthophis pyrrhus armstrongi (Wells and Wellington, 1985)
16 Acanthophis rugosus (Loveridge, 1948)
17 Acanthophis wellsei wellsei (Hoser, 1998)
18 Acanthophis wellsei donnellani (subsp. nov)
19 Acanthophis woolfi (Hoser, 1998)
20 Acanthophis yuwoni (sp. nov.)


Cette liste semble assez hypothétique, compte tenu du manque de données génétiques ou d’études valable concernant le genre Acanthophis. Il y réside également le problème des vendeurs de serpents aux collectionneurs, qui n’hésitent pas à se vanter de posséder de nouvelles espèces afin de monter considérablement le prix d’un individu. Mais néanmoins cela nous permet de situer les principales espèces et nous rendre compte à quel point les données bougent encore sur ce genre.



Moeurs et habitats:

Les vipères de la mort (genre Acanthophis), sont trouvées dans la plupart des parties de l'Australie, de la Nouvelle-Guinée et des îles alentours. Peu communs pour des elapidae ils ont évolués de sorte à ressembler autant à un viperidae par leur comportement que par leur morphologie.
Elles sont largement repandues dans leurs zones de répartition et aucune espèce d’Acanthophis ne sont considérées comme en danger d'extiction pour le moment. Elles sont très sensibles au dérangement et préfèrent les endroits calmes à l’abri de toute perturbation humaine. Cette préferance pour la tranquillité évite les accidents de morsures. Le venin, très puissant, est classé dans les plus dangereux de la planète.

Elles sont principalement nocturnes et sont actives à des températures oscillant entre 24°C et 30°C. Elles se servent souvent du leurre situé au bout de leurs queues pour attirer les proies (caudal luring). En position de repos la tête est très souvent à proximité de la queue, ceci pour être prêt à saisir une proie à n’importe quel moment. Après avoir mordu, elle va maintenir sa proie dans la gueule jusqu’à ce que celle-ci meure. Elles se nourrissent de petits mammifères, de lézards de grenouilles et d’oiseaux. 

A la différence des autres elapidae australiens qui tendent à fuir en cas d’approche humaine, tapis sur le sol elle reste immobile et compte sur son camouflage. Les morsures sont donc le plus souvent produites lorsque quelqu’un marche dessus. Si elle est dérangée elle s’aplatira sur le sol et n’hésitera pas à mordre si l’opportun n’a pas saisi le message assez vite.



Venin:

Avant le développement d'un antivenin spécifique pour Acanthophis, environ la moitié des morsures enregistrées étaient mortels. Depuis en Australie il y a très peu de cas de morsures mortelles. En Nouvelle-Guinée les personnes mordues décèdent régulièrement, l'antivenin utilisé là bas est de type polyvalent et non spécifique à l’espèce. Ceci pourrait expliquer les cas de mortalité beaucoup plus nombreux qu’en Australie.
Le venin est principalement composé de neurotoxine post synaptique (Toxine du venin provoquant faiblesse ou paralysie des muscles). Il est environ 1.5 fois plus toxique que celui du cobra indien (Naja naja) et 20 fois moins que le Taïpan (Oxyuranus scutellatus). Les morsures d'Acanthophis diffèrent de celles des autres elapidae australiens car elle prend un long moment pour que l’effet du venin soit à son maximum. Le venin arrive habituellement aux symptômes maxima environ 24-48 heures après la morsure. Les premiers signes de l'envenimation sont : paupières qui se ferment (ptôsis, paralysie faciale), douleurs locales, nausées, paralysies et des difficultés d'élocution. S’en suivent des difficultés respiratoires qui sont souvent la cause de la mort dans le cas ou il n’y aurait pas eu administration d'un antivenin.

La dose létale pour Acanthophis antarcticus et de 0.25mg/Kg (par IV), 0.185 mg/kg (par IP) et 0.344mg/kg (par IM).
Cet antivenin est fait à partir du cheval (IgG). Chaque ampoule contient 6000 unités de capacité neutralisante contre le venin ciblé. Le volume moyen par ampoule est 25-26mL. Le venin qui est utilisé pour ce sérum est prélevé sur des spécimens d'Acanthophis antarcticus. Les autres espèces couvertes par ce sérum sont A.pyrrhus A.prealongus et A.wellsii (les 4 espèces australiennes).
L’inversion des symptômes par la prise d’antivenin est rapide et efficace, car le venin est composé de toxines simples contrairement au venin des serpents tigres (Notechis...), ou Taïpan (Oxyuranus...) qui sont composé de multi-toxines.
Comme avec la plupart des antivenins, l'antivenin d'Acanthophis CSL devrait seulement être utilisé s'il y a d'évidence claire d'envenimation. Il devra être donné en intraveineuse, goutte à goutte. Si possible il devra être dilué à 1/10, avec une solution isotonique. Généralement chaque ampoule/dose devrait durer 15-30 minutes. Avant le début de la thérapie, il est impératif de s'assurer que tout est prêt pour traiter des anaphylaxies, en cas de nécéssité.
L’indication pour débuter le traitement antivenin est relativement simple. Au premier signe de paralysie (habituellement ptôsis), l'antivenin doit être administré. Une seule ampoule est souvent suffisante. Si la paralysie progresse en dépit de la dose initiale, donner une deuxième ampoule. Puisque les neurotoxines dans ce venin sont post-synaptiques, les traitements symptomatiques pour la paralysie peuvent également être efficaces si l'antivenin n'est pas facilement disponible. Spécifiquement, les anticholinstérases (par exemple néostigmine) peuvent retarder ou même renverser le développement de la paralysie en préparant plus d'acétylcholine disponible comme émetteur à la jonction neuromusculaire, permettant au blocus post synaptique d'être surmonté. S'il y a une chute soudaine dans la tension artérielle ou bronchospasmes après avoir commencé l'injection d'antivenin, Il faut alors arrêter temporairement l'antivenin et donner l'adrénaline, par la pompe d'infusion ou par l'injection sous-cutanée. Une fois que la réaction impropice de l'antivenin est ainsi contrôlée, recommencer avec précaution l'injection de celui-ci.