Le cobra cracheur indonésien aime les endroits humides à proximité de points d’eau. On le trouve dans la jungle mais il sait également se montrer discret en
côtoyant de près les hommes.
Principalement
terrestre, ils aiment grimper aux arbres pour se déplacer discrètement d’un
endroit à un autre, ou alors, pour aller chercher des oiseaux et leurs œufs
qu’ils apprécient particulièrement. Se sont également de très bon nageurs, ils
n’hésitent pas à traverser de larges rivières, étangs ou rizières inondées.
Certain racontent même avoir vu des cobras nager au bord de la mer.
Leur régime
alimentaire est composé d’un large spectre de proies. Les adultes mangent des
oiseaux, œufs, rats, souris, lézards… Alors que les jeunes préféreront les
grenouilles, crapauds, lézards, petits serpents et même des insectes.
Dans la
nature, les femelles pondent une vingtaine d’œufs en début d’été. Elles pondent
souvent ceux-ci dans une termitière, sous un arbre mort ou dans un trou creusé par un
rongeur ou un autre petit mammifère. Souvent la femelle reste à proximité de sa
progéniture pour la surveiller.
Les jeunes
mesurent entre 15 et 25cm à la naissance. Ils commencent à manger une fois la
première mue effectuée. Naja siamensis est plus agressif que ses autres cousins proches, comme le Naja sputatrix ou Naja naja. Comme tout les cobras cracheurs, en captivité, il a été observé qu'ils crachent beaucoup au début de la captivité et se calment avec le temps. Cependant il peut toujours crachers dans une phase de vive excitation et il faut donc constamment avoir les protections nécéssaires en cas de projections.
Venin :
Principalement
neurotoxique, les symptômes sont : paralysie de la langue, musculaire, des
lèvres, de la gorge, difficulté d’élocution et pour finir des
insuffisances respiratoires. Le venin de Naja siamensis provoque nécroses et gonflements locaux. La morsure n’est pas
toujours fatale. Cela dépend surtout de la quantité de venin injectée et de la
qualité de la prise en charge hospitalière, qui, souvent, dans les pays dont il est originaire, n'est pas accessible à tous.
Maintenance :
Il faut
faire très attention lors de l’acquisition d’un Naja asiatique, car il n’y a pas longtemps ils étaient taxonomiquement regroupés au sein d’une même espèce. Ceci a eu pour conséquence des
reproductions et batardisations des actuelles espèces dans les milieux terrariophiles. Cela a pollué beaucoup de souches avec des hybrides.
Les conséquences de ces hybridations sont aussi diverses que variées: pertes du patrimoine génétique donné pour une sous-espèce, "création" de venins hybrides entre les différentes espèces, aux effets aussi inconnus que dévastateurs en cas de morsures. Il s'agira donc de bien définir à quelle espèce de cobra nous avons à faire.
Le
terrarium devra être de type humide avec un grand bac d’eau pour que le serpent
puisse s’y baigner. La température oscillera entre 26 et 30°C et baissera la nuit aux
environs de 22°C.
Ils
mangeront sans aucun problème souris et rats adaptés à leur taille. Comme
toutes les espèces du genre, Naja siamensis est
ovipare. L’incubation des œufs dure environ une soixantaine de jours. Pour
activer le cycle de reproduction, on simulera une période de pluies avec une
augmentation des pulvérisations d’eau.
Les jeunes
se nourriront de bébés souris roses sans problèmes, cependant les jeunes sont très
vite stressés et cela pourrait les empêcher de se nourrir. Pour répondre à ce
dernier problème il suffit de placer la boite de nourrissage sous une
couverture, ou de nourrir les animaux dans le calme complet.
Reproduction
Nous avons placé le couple ensemble dès la deuxième année. Il faut veiller à nourrir correctement les animaux et surtout bien les séparer durant le nourrissage. En effet, le cannibalisme n'est pas rare, même au sein d'animaux ensemble depuis longtemps.
Dans la deuxième année de vie, le mâle a démontré quelques comportement sexuels envers la femelle, sans retour.
Nous avons séparé le couple à l'aube de leur troisième année en diminuant la température. Ils ont été replacés ensemble après deux mois. Dès leur mise en commun, le mâle a commencé à frétiller autour de la femelle. Ce comportement prenait place de jour comme de nuit. Nous n'avons jamais observé d'accouplements.
Le 08 juin 2009, nous avons constaté la ponte de la femelle, hors de son caisson de ponte, de 17 oeufs en grappe. Nous avons soigneusement retiré les oeufs et placés en incubateur. Les 17 semblent féconds.