Taille: entre 150-180cm, spécimen de 229cm [BROADLEY; DORIA; WIGGE 2003] peut atteindre 280cm [TRUTNAU 1998]
Origine géographique: Sud du Sahara
Distribution:
On trouve cette sous-espèce en Afrique de l'ouest, principalement de Mauritanie au Soudan.
Moeurs et habitats:
Ces magnifiques cobras cracheurs se trouvent dans les savannes africaines. Principalement présent dans les zones très peu boisées, les plaines avec des buissons épars, ainsi que les rocailles sèches. Ces animaux vivent sans problème proches des habitations des êtres humains. Il n'est pas rare de les croiser aux abords des villages, ou même dans les villages.
Cette espèce de cobra affectionne des biotopes semblables à l'espèce N.haje sp. Ces animaux, à l'instar de beaucoup d'autres espèces de cobras africains, passent la journée généralement enfouis sous des rocailles, les trous laissés par différents mammifères, ou encore les termitières. Les rares fois où l'on peut les observer actifs durant la journée sera lors des plus fraîches de celles-ci.
Cette espèce aime également les endroits avec des gouilles d'eau ou encore des petites zones aquatiques. Bien que plus mauvais nageur que son cousin N.melanoleuca, il n'hésite pas à plonger dans les eaux.
Dans son milieu naturel, on retrouve le spectre semblable aux autres Najas africains (rongeurs, petits oiseaux, lézards, serpents ou encore oeufs d'oiseaux). Les juvéniles chassent même les invertébrés, tâche que peuvent reprendre certains adultes pendant les temps de disette.
Venin:
Ces élapidés cracheurs, bien que pas agressifs, sont des serpents vifs et assez souvent nerveux. En danger, ils vont se dresser, déployer leur coiffe et s'élever sur les deux tiers de leur corps. Ils crachent également leur venin à une distance pouvant avoisiner les quatre mètres avec une efficacité impressionnante. Ils visent systématiquement les yeux. Une fois les yeux touchés, une douleur brûlante s'installera et à moins de rincer abondamment les yeux avec un produit neutre, il peut y avoir une cécité définitive due à des dommages à la cornée.
Si le mécanisme de crachat du Naja nigricollis nigricollis n'est pas aussi perfectionné que d'autres (Haemachatus haemachatus), il doit en effet se pencher légèrement en arrière afin d'atteindre les yeux. Cependant, le cobra cracheur à cou noir peut projeter son venin depuis une bouche quasi fermée. Et le crachat ne sera pas forcément précédé d'une intimidation à l'aide de la coiffe. Dès lors, on peut tout à fait se faire cracher dessus d'un serpent qui semblait tout à fait calme.
Le venin de Naja nigricollis nigricollis sera injecté en quantité de 200 à 350 mg [MINTON 1974]. On y retrouve des neurotoxiques postsynaptiques, des cardiotoxines, des necrotoxines. Les effets seront entre autres, enflement du membre touché, un choc hypovolumique, formations de cloques avec un développement en nécroses. Il y a des effets haemostatiques du style saignements spontanés, saignements des gencives, epistaxes, et des dérangements des fonctions des thrombocytes.
Une envenimation peut être mortelle.
Antivenin: SAIMR, polyvalent
Antirept pasteur contre N.nigricollis et Naja haje.
Maintenance:
Ces magnifiques élapidés seront tenus la plupart du temps séparés de par leur régime pouvant inclure leur congénères. Les terrariums seront spacieux, et du type semi-aride avec de nombreuses cachettes à disposition. Un grand bassin est une condition indispensable pour ces animaux qui peuvent se baigner. L'eau sera changée régulièrement.
Les températures avoisineront les 28-32c la journée. Il faut porter une certaine attention lors du nourrissage afin de fournir une bonne température. A l'instar de certains crotalidés nord-américains en captivité, si la température est trop basse, ces serpents peuvent régurgiter leurs proies. La nuit, la température s'abaissera aux alentours des 22-24c. Le terrarium devra présenter un décor survivant aux assauts nombreux et répétés de ces cobras. En effet, ils sont dignes de terrassiers en ce qui concerne la destruction de leurs décors.
Lors des manipulations et de l'entretien quotidien, il sera impératif de porter des lunettes ou un masque de protection. En effet, les risques de se voir craché à la figure sont réels! De plus, il faudra porter une certaine attention à ne pas développer une réaction allergique au mélange urine / venin séché du conteneur. Nous avons pu remarquer que dans certains cas, assez rapidement, via inhalation de l'air du conteneur, une forme d'asthme se développe, engendrant une incommodité respiratoire. La meilleure solution est de porter un masque pour peintres (avec filtres). Les masques de protection style masque chirurgicaux ne sont d'aucune utilité.
Un nettoyage régulier du conteneur évitera de développer une allergie chronique aux substances restantes dans le terrarium. Des aérations en conséquence sont à prévoir ce-concernant.