Avant propos: Nous vous présentons ici les 5 sous-espèces d'Agkistrodon contortrix, à savoir: Agkistrodon contortrix contortrix [mocassin à tête cuivrée du sud] (Linnaeus 1766) Agkistrodon contortrix laticinctus [mocassin à larges bandes] (Gloyd & Conant 1934) Agkistrodon contortrix mokasen [mocassin du Nord] (Palisot de Beauvois 1799) Agkistrodon contortrix phaeogaster [mocassin à tête cuivrée d'Osage] (Gloyd 1969) Agkistrodon contortrix pictigaster [mocassin du Transpecos] (Gloyd & Conant 1943)
Les
moeurs étant relativement similaires, notamment quant à la vie dans le milieu naturel, la maintenance,
nous avons regroupé ces espèces en une seule fiche. Pour toutes
questions spécifiques quant à l'une des sous-espèces, nous restons à
votre disposition.
Nom commun: mocassin à tête cuivrée, Copperhead, Kupferkopf
Taille: généralement de 50 à 90 cm (max 130cm [DITMARS 1929; 1346mm])
Origine géographique: centre et côte est des Etats-Unis (USA)
Distribution géographique:
A.c.contortrix: Les états du golfe du Mississipi jusqu'à l'est du Texas, du sud est de l'Oklahoma jusqu'au sud ouest de l'Illinois, les plaines côtières des états du sud de l'Atlantique, les états de Floride jusqu'au sud de la Caroline
A.c.laticinctus: Texas (Victoria jusqu'aux comptés de Frio), au travers de l'Oklahoma au sud du compté de Cowley, Texas.
A.c.mokasen: Sud de l'Illinios au nord-est du Mississipi, nord de l'Alabama, nord de la Georgie, au nord-est au travers du Massachussets, les montagnes Appalaches ainsi que le plateau associé.
A.c.phaeogaster: Est du Kansas, extrême sud-est du Nebraska, grande partie du Missouri.
A.c.pictigaster: Est du Texas, proche de l'état du Pecos et des rivières Devil. Le états du Presidio et de Jeff Davis. Adjacent au Mexique. Les limites de la zone de répartition de cette espèce se bornent à la province biotique du Chihuahua.
Agkistrodon contortrix contortrix
Moeurs et habitats:
Les habitats des mocassins sont aussi nombreux que le territoire de leur répartition est vaste! Ils vivent dans des milieux très variés, affectionnant tant les zones semi arides pour les espèces mexicaines, des territoires buissonneux, rocailleux, aux zones montagnardes relativement fraîches, avec des saisons très marquées, ou encore des zones humides en permanence telles celles que l'on peut trouver auprès du rio Grande.
De par leur coloration cryptique et disruptive, on les trouve généralement dans des milieux semi-obragés à ombragés, sur des sols riches en substrats (feuilles mortes, branchages, mousses), où, grâce à leur camouflage, ils passent inaperçus. Ils apprécient beaucoup être a proximité des points d'eau, voire vivre a proximité des rivières.
Certaines sous-espèces, notamment celles habitant les zones montagneuses sont soumises à des saisons très marquées, où, tant les températures froides de l'hiver, que le manque de nourriture liée à la saison morte, jouent un grand rôle dans leur cycle vital. Les mocassins hivernent dans les zones rocailleuses, à l'instar d'autres espèces, et même souvent communément (Crotalus horridus, Agkistrodon piscivorus, Elaphe obsolette, Coluber constrictor, Lampropeltis triangulum). On les trouve alors dans des cavernes, troncs couchés, tas de feuilles [TRUTNAU 1985]. Généralement actifs le jour, ils peuvent modifier leur activité en fonction des températures élevées, à savoir qu'ils deviennent actifs à la tombée de la nuit, jusqu'au crépuscule. Ils ne craignent pas la présence de l'homme, et s'approchent même des constructions humaines, où ils restent inaperçus de par leur camouflage.
Couleurs:
La coloration des mocassins est très variée. La caractéristique commune est l'altérnance de bandes de couleur claires avec des plus foncées. Les couleurs de base sont le beige, brun clair, brun-jeune, couleur sable, brun-gris clair, pour les bandes claires, et pour les bandes foncées, couleur cuivre, touge, rouge-brique, orange, brun-rouge. Le bout de la queue des représentants de cette espèce est jaune à l'âge juvénile, et reste d'une couleur différente au cours de leur vie en restant plus claire.
A.c.contortrix présente de larges losanges de couleur claire séparés par des bandes de couleur plus sombre (deux triangles superposés par leur sommet). Les ventrales présentent, entre les bandes claires, une tâche plus sombre.
A.c.laticinctus présente de larges bandes plus foncées, une fine bande de couleur plus claire les différenciant, les ventrales sont sensiblement de la même couleur que les bandes, avec, pour certains représentants, un ventre de couleur plus foncée uniforme.
A.c.mokasen présente des motifs disruptifs sur la base de losanges clairs, agrémentés de deux taches foncées de par et d'autre de la colonne. Ils sont séparés par des tâches plus foncées, avec à nouveau des tâches, mais cette fois-ci plus claires.
A.c.phaeogaster présente une similitude avec A.c.mokasen, mais sans tâches.
A.c.pictigaster présente de largens bandes foncées, séparées par de fines bandes disruptives plus claires. Les ventrales sont, sur la distance de chaque bande foncée, marquées par trois tâches foncées.
Agkistrodon contortrix pictigaster
Des spécimens très variés ont pu être observés, ainsi un spécimen mélanique d'Agksitrodon c.mokasen (Farrington, compté de Chatham, Caroline du Nord, Alvin BRASSEL et William M.PALMER), ou encore un spécimen ligné d'Agkistrodon c.contortrix (Houma, Louisiane, Robert WAYNE VAN DEVENDER). De même, de nombreuses hybridations ont lieu dans le milieu naturel, notamment entre les sous-espèces [picitgaster x laticinctus; laticinctus x contortrix; laticinctus x phaeogaster; contortrix x mokasen, phaeogaster). Il est donc très difficile de définir correctement les sous-espèces par une simple analyse du schéma de coloration.
Reproduction:
Très peu d'observations ont pu avoir lieu dans la nature, de par la nature discrète de ces espèces à ce moment. Cependant, des combats ritualisés ont lieu entre les mâles et stimulent leur activité sexuelle. Ces animaux sont des vivipares et donnent naissances à des jeunes complètement formés. Il est à noter que ces espèces peuvent conserver le sperme après copulation et développer les jeunes ultérieurement (Amphigonia retardata) ce qui rend les périodes de mises bas très aléatoire, notamment en captivité. D'après GLOYD & CONANT (1990), les accouplements ont lieu entre 5 à 6 semaines après la fin du repos hivernal. La gestation dure entre 2 et 3 mois. Les portées dépendent de la taille des femmelles, mais comprennent entre 1 et 20 jeunes (moyenne 4-7) qui mesurent à la naissance de 17.7 à 30 cm. Dans la nature, souvent, les jeunes n'arrivent pas à stocker suffisamment de graisse pour l'hiver et ne passent pas ce cap faitidique.
Venin:
Le venin de ces espèces est principalement hémotoxique. Il est cependant à noter qu'il possède des propriétés neurotoxiques et néphrotoxiques. Pour les grands spécimens de mocassins, une morsure peut délivrer jusqu'à 0.29ml de venin. Cependant la moyenne se trouve entre 40-70mg de venin. D'après les études de MINTON & MINTON (1969), pour porter atteinte à la vie d'un homme adulte de bonne constituion, il faudrait une quantité de 100mg de venin. L'action de ce venin, en comparaison avec d'autres crotalidés américains, est relativement faible. Le risque d'envenimation sévère est relativement réduit, mais il est possible qu'une adjonction de sérum antivenimeux soit nécessaire (Cro-Fab, Antivypmin).
Maintenance:
La maintenance de ces espèces ne présente pas de problème particuliers. Ils sont des hôtes appréciables, tant par les spécificités de l'espèce (leurre caudal, combats ritualisés, comportement intra-spécifique) que par leur coloration.
Pour un trio de mocassins, un terrarium de 100 x 80 x 60 sera suffisant. Suivant les réglementations, il faut prévoir de pouvoir séparer les individus. Une grande gamelle d'eau sera disponible en permanence avec de l'eau propre et fraîche. Pour le substrat, nous utilisons de la tourbe, substrat qui a le mérite de ne pas pourrir si l'eau vient à être éparpillée, ainsi que le fait de pouvoir être fouillé par les mocassins. Des feuilles mortes ajoutées au terrarium donnent un effet très apprécié des mocassins, et leur camouflage prend alors tout son sens. Des cachettes seront à dispositions des serpents afin de pouvoir se soustraire à la vue du soigneur.
Ces serpents ne sont pas agressifs, mais relativement curieux, et viennent facilement voir ce qu'il se passe lorsque l'on s'occuppe de leur conteneur. Attention à la routine! Ces espèces, même si elles ne sont pas réputées pour être agressives ou dangereuses restent des serpents venimeux avec un pouvoir létal!
Les températures se situeront entre 27-30c en été la journée, pour 22-24c la nuit. L'hiver, on peut les faire hiverner à une température de 10c. LA température et la durée de la luminosité seront descendues au fur et à mesure dès septembre, jusqu'à novembre. Dès février, elles seront réaugmentées.